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Frankenfood: quand les clones arrivent dans nos assiettes.

In Uncategorized on novembre 28, 2010 at 4:04

Elle s’appelait Vandyk-K Integ Paradise 2. Vous ne la connaissez pas, mais cette heureuse grand-mère de 97 enfants est devenue il y a quelques années la vache la plus célèbre du Royaume-Uni. Plusieurs des ses enfants se sont en effet retrouvés dans les assiettes des consommateurs anglais, causant une grande panique l’année dernière. Vous ne voyez pas le problème ? C’est pourtant simple : Vandyk-K Integ Paradise 2 n’a pas un nom de médicament pour rien, il s’agit d’une vache clonée.

La tempête OGM n’est pas encore finie que déjà, l’attaque des clones surgit. Ne tremblez pas tout de suite, vous avez encore peu de chances de manger un steak de clone. La technologie, même efficace, reste encore très coûteuse. Aussi sont-ce plutôt les enfants de clones qui se retrouvent sur le marché, comme dans le cas de la charmante Vandyk-K. D’ailleurs, avant le scandale de 2009, leur viande et leur lait entrait déjà dans l’Union Européenne, dans l’indifférence quasi-générale.

Et pour cause. Contrairement aux OGM, la nourriture clonée ne pose pas de vrais problèmes de santé. Le clonage ne fait en effet que dupliquer l’information génétique, il n’en crée pas de nouvelle. En ce sens, cette pratique se rapproche beaucoup des techniques de croisement utilisées depuis des décennies. Avec les mêmes avantages, à savoir une productivité plus forte, et donc une rentabilité plus importante. Et les mêmes inconvénients : un impact sur la santé des animaux indiscutable, plus sujets notamment à des troubles comportementaux et musculaires. N’oublions pas que Dolly n’est pas sortie de ce monde de sa belle mort, mais euthanasiée.

La FDA, qui régule les risques de santé aux Etats-Unis, et l’EFSA (European Food Safety Authority) ne s’y sont pas trompés. Toutes les deux ont indiqué dans leurs rapports respectifs de 2008 et 2009 qu’aucun risque sérieux n’existait pour les consommateurs. Ces deux conclusions similaires ont néanmoins eu des échos très différents. Si à ce jour, les Etats-Unis sont plutôt favorables à l’arrivée de la viande clonée, l’Europe se montre une nouvelle fois nettement plus sceptique, échaudée peut-être par la crise de la vache folle des années 1990.

Attention, l’opposition existe aussi de l’autre côté de l’Atlantique. Mais le débat ne se pose pas dans les mêmes termes. Les opposants les plus extrêmes y demandent en effet la … labellisation des produits issus d’animaux clonés. Une incroyable différence avec le Parlement Européen, qui a lui, discuté cette année de l’interdiction simple et pure de ces aliments. Comment expliquer une telle divergence de positions alors qu’a priori, seul un océan nous sépare ?

Au jour d’aujourd’hui, l’industrie agroalimentaire suit un fonctionnement complexe qui rend toute perspective de labellisation presque vaine. Nous consommons déjà des OGM de manière courante sans le savoir. La vraie justification de la position européenne semble être économique. Les principales entreprises de clonage sont effectivement américaines. Victimes de limitations plus fortes, les scientifiques européens ont pris du retard sur le sujet. Le meilleur moyen de régler ces questions de bioéthique est-il vraiment de laisser l’ensemble de la recherche aux Etats-Unis ? On est en droit de se le demander.

Monsanto est né principalement grâce à l’absence de concurrent européen sérieux. A refuser le progrès sur ces problématiques, l’Europe est en réalité en train de laisser le champ libre aux concurrents. Au risque de continuer à prendre du retard sur le sujet.

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