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La thérapie génique : le dernier rempart contre le VIH ?

In Uncategorized on décembre 8, 2011 at 4:32


Une semaine jour pour jour après la journée mondiale de lutte contre le SIDA, il me semble opportun de mettre un coup de projecteur plus modeste en direction de la recherche sur le VIH. Pourquoi écrire ce billet ? Car j’estime partager une impression qui je pense est communément répandue, à savoir que malgré toute la visibilité sociale de ce virus et la couverture médiatique dont il bénéficie, le grand public –auquel je m’associe– demeure mal informé des avancées concrètes de la recherche thérapeutique sur ce terrain.

Depuis l’isolement du virus dans les années 80, lequel avait donné lieu à un rocambolesque contentieux  franco-américain sur la paternité de la découverte, la piste d’un vaccin contre le VIH continue de faire fumer les têtes de toute une communauté d’immunologues et virologues mobilisés à la hauteur des ravages causés dans le monde par ce virus. La recherche depuis lors ne cesse de progresser sur la structure du VIH, sur l’identification de ses différentes souches, sur sa transmission et sa physiopathologie, mais force est de constater que pour l’instant le Saint Graal thérapeutique, qui vaudrait sûrement à son découvreur un prix Nobel de médecine, n’a pas encore été trouvé. Un article publié récemment dans la revue scientifique Nature pourrait cependant suggérer, qu’après de nombreuses fausses routes, la thérapie génique serait la nouvelle voie à privilégier.

Pour rappel, les vaccins fonctionnent en sensibilisant le système immunitaire à un virus particulier par le truchement d’une substance active, appelée antigène, de telle sorte que lorsque l’infection survient réellement, le système est déjà prêt pour cibler et détruire le virus. Mais pour ce qui concerne le VIH, maintenir le corps dans cet état d’alerte est plus compliqué, cette limite rendant les vaccins conçus jusqu’à présent inefficaces sur le long terme. C’est pourquoi les chercheurs du département de biologie du prestigieux Caltech (California Institute of Technology) de Pasadena en Californie fondent à présent leurs espoirs au niveau génétique avec la thérapie génique.

En quoi consiste cette méthode de thérapie génique ? Elle consiste principalement à remplacer à l’aide d’un dérivé d’adénovirus utilisé comme vecteur des gènes par de nouveaux qui permettront de coder par la suite une protéine fonctionnelle dans l’organisme, laquelle traitera la maladie. Ce n’est pas la première fois que la piste de la thérapie génique fut avancée, mais pour le moment aucune tentative n’a  été vraiment concluante et n’a pu passer le cap des essais cliniques.

Dans le cas qui nous intéresse, les chercheurs de Caltech ont pris pour sujets de leur expérimentation des souris. Le but était de rendre ces souris immunisées durablement au VIH par le biais d’une intervention sur leur génome. En se servant pour vecteur un dérivé de virus adéno-associé (ou AAV), les chercheurs ont donc inséré au sein d’un groupe de cellules musculaires le gène permettant par la suite de coder les anticorps actifs contre le VIH. Le tout en une seule injection. Une fois le gène exprimé et les nouveaux anticorps déversés au sein du circuit sanguin de la souris, les chercheurs ont inoculé le VIH. Et à en croire leurs conclusions, les résultats obtenus ont été très prometteurs. Même injecté à un niveau plus de cent fois supérieur à ce qui est normalement suffisant pour contaminer des souris non vaccinées, les anticorps des souris traitées ont empêché systématiquement le VIH d’infecter les cellules de l’organisme. Les effets de la vaccination sont censés durer ainsi tout le long de la vie de ces souris.

Les chercheurs restent prudents bien entendu sur la portée de leur découverte, et sur les difficultés d’une transposition de cette vaccination chez l’être humain. La piste des essais cliniques est donc encore envisagée avec de nombreuses précautions. Je souhaite donc à cette équipe et à toutes celles poursuivant les mêmes ambitions de toujours garder près de l’oreille le conseil donné par le sage Ésope à sa fable 45 : « Quidquid agis, prudenter agas et respice finem ».

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Recherche américaine, recherche mondiale…

In Uncategorized on septembre 10, 2010 at 4:31

Pour rebondir sur ce premier billet, je voudrais vous recommander la lecture d’un article de l’excellent magazine anglophone Nature qui nous rappelle que comme pour une crise économique, lorsque un pays aussi important que les Etats-Unis met au point mort sa recherche sur les cellules ES, les scientifiques américains du domaine ne sont pas les seuls à pâtir de cette situation.

L’article révèle ainsi à quel point la globalisation de la recherche scientifique est non seulement une réalité bien installée, mais surtout devenue essentielle à ses réalisations, et de ce fait que toute politique touchant à la recherche en biotechnologie doit prendre en compte cette dynamique de réseaux territorialisés.

http://www.nature.com/news/2010/100907/full/467138a.html