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Quand la recherche canadienne nous fait la peau.

In Uncategorized on novembre 17, 2010 at 6:51

Je vous recommande aujourd’hui l’écoute d’un podcast trouvé sur le site de Nature. Ce petit billet me permet en même temps de confirmer mes opinions non sur la désuétude de la recherche sur les cellules ES, mais bien mon regret que la recherche publique française ne dispose ni de moyens suffisants, ni d’une réelle attention de la part du législateur pour donner un coup de collier dans les nouvelles techniques de recombinaison cellulaire. Chaque découverte dans ce domaine est bien sûr excitante par les espoirs médicaux qu’elle promet aux malades, et Mick Dhatia, le directeur scientifique de l’Institut de recherche sur les cellules souches et sur le cancer de l’université McMaster (Canada), est plus que convaincant pour partager son optimisme sur la dernière percée scientifique de son équipe. Ces derniers ont – comme mentionné dans un billet précédent – réussi à recombiner directement des cellules de la peau en cellules sanguines sans avoir à passer par le stade de cellule pluripotente. Ce procédé est particulièrement avantageux sur différents points. Premièrement, il est plus efficace que la différentiation à partir de cellules iPS et cellules ES: il ne nécessite seulement que l’introduction dans le génome des cellules épidermiques d’un gène appelé OCT4 qui additionné à un cocktail de protéines (« blood growth factors ») permet de former toutes sortes de cellules sanguines selon les dosages utilisés et le timing de l’opération. On oublie ici les difficultés relatives à des prélèvements embryonnaires et de moelle osseuse. Les cellules sanguines adultes obtenues n’ont pas montré par la suite d’anomalies particulières et étaient parfaitement compatibles avec le système immunitaire du sujet testé. La demande en oxygène des globules rouges créés ne divergeait pas des niveaux que l’on connait pour ses homologues naturellement produits, ce qui est plutôt rassurant pour M.Dhatia qui rappelle que les mêmes globules formés par le procédé iPS peuvent avoir une demande en oxygène 70 fois supérieure à la moyenne (imaginez les dysfonctionnements en cas d’introduction dans l’organisme d’un patient) !

De toute évidence, les applications concrètes de ce procédé ne sont pas directement pour demain car il nécessite d’être mieux contrôlé, testé, mais il porte déjà en lui les gènes de la réussite (pardon pour ce mauvais jeu de mots) afin de régler les complications médicales liées à des problèmes sanguins. A long terme on peut imaginer l’utilisation de cette technique dans des traitements contre la leucémie ou dans les cas d’anémie, et même plus simplement pour combler des pénuries de dons de sang. Une technologie à suivre donc au fil des années à venir, de même qu’il vaut mieux à mon avis se souvenir du chercheur Dhatia qui de l’Ontario nous rappelle bien que l’avenir de la recherche sur les cellules souches n’est pas un monopole américain…

 

Le podcast de Nature du 11 Novembre 2010 (à partir de 8′): http://www.nature.com/nature/podcast/index.html

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