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Le régime français de recherche sur l’embryon une fois de plus remis en question.

In Uncategorized on avril 1, 2011 at 11:21

Le destin de la recherche sur l’embryon bientôt entre les mains des sénateurs.

De récentes découvertes d’une équipe scientifique française  sur la dystrophie musculaire relancent le débat de la recherche sur l’embryon.

Jusqu’à présent, aucun solution fiable n’a été trouvée pour soigner la dystrophie musculaire. Ce constat est encore plus inquiétant si l’on considère qu’une de ses formes les plus courantes, la dystrophie myotonique de type 1 (ou maladie de Steinert), tend héréditairement à s’aggraver, les symptômes pouvant se manifester peu de temps après la naissance à travers des retards de développement mental par exemple.

Une équipe de chercheurs du Genopole (sorte de Silicon Valley française pour ce qui est de la recherche génétique, qui se trouve à Évry, au sud de Paris) travaillant sur cette maladie sont parvenus très récemment à identifier les mécanismes moléculaires qui peuvent être responsables de certains des symptômes de cette maladie. Pour les plus curieux, les résultats ont été publiés dans Cell Stem Cell. Mais là où l’histoire devient réellement intéressante, c’est que cette prouesse de la génétique n’a pu être effectuée que par une étude sur des lignées de cellules souches embryonnaires (ou cellules ES). Or, l’utilisation de ces cellules, à cause de la destruction d’embryons qu’elle implique, est loin d’attirer une unanimité de regards consentants dans la société française. Justement, les chercheurs à l’origine de la découverte espèrent que ces résultats permettant de faire un bond considérable dans la compréhension de la maladie, permettront d’influencer le débat politique français actuel en faveur d’une libéralisation du régime de recherche sur l’embryon. C’est en tout cas une des priorités de Marc Peschanski, directeur scientifique de l’I−Stem (unité Inserm 861) au Genopole et auteur de la publication en question.

Comme indiqué dans les précédents billets, le statut de cette recherche sur l’embryon est en cours de révision en ce moment même, alors que le nouveau projet de loi de bioéthique passera en première lecture au Sénat à partir du 5 avril. Le régime en vigueur reste une interdiction de principe accompagnée de dérogations, le tout sous le contrôle de l’Agence de Biomédecine. La commission des affaires sociales du Sénat, dans ses travaux préparatoires, considère « que le régime actuel d’interdiction assortie de dérogations fragilise la recherche française« . Elle a alors décidé d’adopter un amendement donnant la préférence à une autorisation encadrée de la recherche sur l’embryon.

De même, pour éclaircir le débat, M. Peschanski tient à avancer qu’il serait faux de croire que les cellules iPS (non destructrices d’embryons) puissent, dans l’état actuel de la recherche, représenter un parfait substitut aux cellules ES.  Il est vrai que malgré leur potentiel thérapeutique, depuis le début de l’année un nombre croissant d’articles de grandes revues internationales pointaient du doigt par ici-là des mutations délétères  imprévues après l’utilisation de cellules iPS.  Différentes solutions à partir de cette situation peuvent être envisagées. Tout d’abord, les pro-iPS  peuvent considérer que financer des projets visant à mieux anticiper ces mutations est indispensable pour le sort des thérapies de demain. Mais, le législateur peut tout aussi bien estimer plus sage de mettre ses œufs dans plusieurs paniers en développant d’autres secteurs de recherche cellulaire (comme celle sur l’embryon ou sur la biologie synthétique elle-même fortement embryonnaire en France). Il reste ainsi à suivre la manière dont les sénateurs vont dans quelques jours essayer de déminer le sujet.

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