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La technologie médicale sait aussi faire peau neuve.

In Uncategorized on mars 2, 2011 at 12:45

Chers amis lecteurs, n’ayant jamais douté de votre sagacité, laissez moi vous poser une question : quel est le point commun entre un pistolet à peinture et une imprimante ? Un indice : vous pourrez peut-être voir ces deux objets dans votre hôpital de demain. Enfin, des versions modifiées de ces appareils qui représentent deux solutions innovantes pour la médecine régénérative cutanée. Petite introduction.

Le pistolet pulvérisateur de cellules souches est sorti tout droit de l’imaginaire d’un professeur de l’Institut McGowan pour la médecine régénérative à Pittsburg, Jörg  C. Gerlach (lequel reprend d’ailleurs assez bien le cliché du scientifique-fou : cf. vidéo de présentation ci-dessous). Aidé par son équipe, il commença à mettre au point cette technique à partir de 2008, celle-ci mettant environ deux années pour s’avérer pleinement opérationnelle. Depuis, plus d’une douzaine de patients plus ou moins gravement brûlés ont été soignés avec succès par cet appareil en battant des records de vitesse pour régénérer la peau meurtrie. Comment tout cela fonctionne ?

Il faut rappeler que jusqu’à présent, les brûlures sont généralement traitées par des greffes de peau, ce qui implique de prendre des morceaux de peau à partir de pièces intactes du corps du patient, ou bien de mettre en culture des feuilles de peau artificielle, et de les greffer sur l’endroit brûlé. Les zones ainsi traitées peuvent prendre plusieurs semaines voire des mois à guérir, autant de temps pendant lequel le patient peut être exposé à des infections, la peau étant la première ligne de défense du corps contre les pathogènes.  La technique de pulvérisation pour soigner des brûlures au second degré a été conçue pour la première fois par la doctoresse australienne Fiona Wood qui dans les années 90 monta sa propre société (C3) pour commercialiser sa méthode du « jet sur la peau » de cellules préalablement mises en culture. Ce procédé refit parler de lui en 2002 lors des attentats de Bali en permettant de sauver la vie de nombreuses victimes. Cependant, l’invention du docteur Gerlach amène la régénération cutanée à un tout autre niveau. En isolant à partir des parties saines de la peau des cellules souches, qu’il mélange à une solution, puis sous contrôle d’un ordinateur, pulvérise sur la peau brûlée, la méthode s’avère on ne peut plus fiable et efficace. De la biopsie à la pulvérisation, seulement 90 minutes se sont écoulées environ, et à partir de là, ce n’est qu’une question de quelques jours pour que la peau soit régénérée.

Il semble pourtant que du côté du Centre Wake Forest pour la médecine régénérative, cette invention du pistolet pulvérisateur n’ait pas fait la meilleure impression.  Cette dernière fut plutôt réservée  à une « imprimante », laquelle munie d’un laser, joue  la carte de la précision absolue. Comme l’explique un des membres de l’équipe à l’origine de cette création : « Un laser parcourt d’abord la plaie, de sorte qu’une carte peut être créée pour diriger l’imprimante précisément sur la place de chaque type de cellule« . Pour l’anecdote, « l’imprimante-peau » est financée en partie par le ministère de la Défense américain qui espère emporter un jour cette technologie médicale sur le terrain militaire afin de soigner plus efficacement les troupes blessées. Néanmoins, l’équipe scientifique affirme qu’il faudra encore quelques années pour que cette idée soit concrétisée, l’imprimante étant encore testée pour le moment sur des souris.

Ces exemples de biotechnologies futuristes nous rappellent que l’innovation repose souvent sur une utilisation nouvelle de produits connus de tous. La médecine régénérative se transforme à toute allure de nos jours, c’est un fait, encore faudra-t-il savoir pour qui ? Ces objets étant présentés à l’état de prototypes, on ne connaît pour l’instant les intentions de commercialisation de leurs concepteurs, encore moins la fourchette de prix. Ce que vendent surtout ces hommes pour l’instant c’est du rêve, l’accès à ces nouvelles techniques en France restant illusoire. Mais savoir leur réalisation technique possible devrait davantage inspirer notre recherche nationale n’étant pas si à la traîne que cela sur ce sujet, et faire pression sur les autorités publiques pour qu’elles mettent autant que possible à la disposition du patient ce que la science offre de meilleur.

 

Lien : Vidéo de présentation du pistolet pulvérisateur réalisée par la chaîne National Geographic.

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